Après Bignona, IPAR et ses partenaires, GRDR et CICODEV, ont tenu les 28 et 29 avril 2026 à Rufisque un atelier de diagnostic participatif relatif au projet « Dynamiser les systèmes alimentaires locaux grâce aux cantines scolaires au Sénégal ».
Dans ce cadre, la rencontre a réuni une diversité d’acteurs producteurs, transformateurs, commerçants, services techniques, collectivités territoriales, acteurs de l’éducation, ONG, société civile, etc.
Ainsi, l’atelier de diagnostic participatif, à l’instar de celui de Bignona, avait un double objectif à savoir informer et échanger avec les acteurs territoriaux sur le projet, tout en réalisant un diagnostic inclusif des systèmes alimentaires locaux et des dispositifs d’approvisionnement des cantines scolaires dans les départements de Rufisque.
De manière spécifique, cette rencontre vise à analyser les différentes variables des systèmes alimentaires afin d’identifier les principaux défis et de proposer des solutions adaptées. L’objectif final est de co-construire, avec les parties prenantes, des solutions pertinentes, faisables et acceptables, pour renforcer les liens entre les systèmes alimentaires locaux et l’approvisionnement des cantines scolaires et améliorer leur impact territorial.

Dans son mot de bienvenue, M. Oumar Sène, premier vice-président du Conseil départemental de Rufisque, a mis en avant l’importance des partenariats avec IPAR, GRDR et CICODEV pour soutenir et pérenniser les actions en faveur de l’agroécologie, visant à garantir une alimentation saine. Il a souligné le rôle stratégique du territoire, riche en terres cultivables propices à l’agriculture durable.
Par ailleurs, ces collaborations ont permis la mise en place de cantines scolaires servant entre 7 000 et 7 500 repas par jour, contribuant à améliorer la réussite scolaire et à lutter contre la faim et l’hypoglycémie chez les élèves. Il a, enfin, rappelé que ces initiatives répondent à un besoin essentiel des familles en difficulté d’accès à une alimentation adéquate pour leurs enfants.
Dans la même dynamique, Mme Fatou Ndoye, point focal des cantines scolaires au Conseil départemental de Rufisque, a salué ce projet de recherche-action qui se positionne comme une continuité des initiatives menées depuis six ans sur les cantines scolaires au niveau de Rufisque. Elle a rappelé que le programme permet la distribution d’environ 7 000 repas par jour, grâce à un dispositif impliquant les collectivités locales, les entreprises, les mécènes et les parents d’élèves, avec quatre cuisines centrales situées à Yenne, Bargny, Rufisque et Bambilor.
Selon elle, ce système a des effets positifs sur les apprentissages, la réussite scolaire, la santé des élèves et la réduction du décrochage, tout en contribuant à la valorisation des produits locaux et au renforcement des économies et des systèmes alimentaires territoriaux.
De son côté, Dr Sidy Tounkara, chercheur à l’IPAR et coordonnateur du projet, a expliqué que celui-ci vise à analyser et renforcer les liens entre les systèmes alimentaires locaux et l’approvisionnement des cantines scolaires en produits locaux de qualité au niveau départemental.
Il a également souligné l’engagement des acteurs locaux, notamment le Conseil départemental et les organisations de producteurs qui disposent déjà d’une expérience significative et soutiennent la mise en œuvre du projet.
Il a précisé qu’il s’agit d’un projet de recherche-action de quatre ans, porté par un consortium composé de l’IPAR, du GRDR et de CICODEV, financé par le CRDI. Il est structuré en plusieurs étapes : diagnostic des systèmes alimentaires et des mécanismes d’approvisionnement des cantines scolaires, expérimentations sur le terrain, évaluation, puis partage des connaissances et actions de plaidoyer pour influencer les politiques publiques.

Dans la même continuité, Seny Kébé, chargé de programme alimentation scolaire au GRDR, a indiqué que l’initiative vise à expérimenter, documenter les résultats et mener un plaidoyer pour influencer les politiques publiques, notamment en matière d’alimentation scolaire mais surtout pour davantage renforcer les systèmes alimentaires locaux.
Il a souligné que l’alimentation scolaire représente un véritable marché pour la production locale, capable de dynamiser les politiques agricoles et alimentaires. Le projet cherche ainsi à renforcer les liens entre systèmes alimentaires locaux et cantines scolaires, tout en identifiant les défis et conditions de mise en œuvre. Enfin, il a précisé que le consortium collabore avec des institutions de recherche afin de mieux analyser les impacts de ces initiatives sur les systèmes alimentaires locaux.
Pour sa part, Khady Thiane Ndoye, chargée de programme au CICODEV, a expliqué que le projet accompagne les Conseils départementaux de Rufisque et de Bignona sur les questions d’alimentation scolaire et de dynamisation des systèmes alimentaires territoriaux, en impliquant les acteurs de l’ensemble des chaînes alimentaires pour identifier les principaux défis.
Les résultats attendus doivent ainsi renforcer la recherche menée par l’IPAR, les expérimentations de terrain conduites par GRDR ainsi que les actions de plaidoyer sous la houlette de CICODEV, en vue de la mise à l’échelle des bonnes solutions issues du projet.