Une délégation de l’IPAR Think Tank s’est rendue à Tamale, au Ghana, pour participer activement à l’atelier de dissémination et de clôture du projet COINS (Co-développement d’innovations pour la gestion durable des terres dans les systèmes d’exploitations familiales d’Afrique de l’Ouest).
Cette mission d’importance majeure pour l’avenir des systèmes agricoles ouest-africains a été portée par une équipe complémentaire de l’IPAR Think tank, à savoir Dr Sidy Tounkara, Chercheur et coordonnateur de la thématique Devenir des exploitations familiales. Et Dr Paul Ndiaga Ciss, Chercheur et représentant de l’IPAR Think Tank au niveau des Pôles Territoires Sud et Centre.
Un atelier ancré sur le terrain et le partage d’expériences
Alliant rigueur scientifique et approches participatives, l’atelier s’est articulé autour de visites de terrain, de présentations et d’échanges directs au sein même des communautés de producteurs.

L’objectif central pour IPAR Think Tank était de dresser un bilan complet du projet à travers trois leviers :
- Valoriser l’expérience de la vallée du fleuve Sénégal en présentant l’approche, les réalisations, les limites et les perspectives de vulgarisation du Laboratoire d’innovation multi-acteurs pour la gestion durable des terres (GDT).
- Partager les résultats des Champs-Écoles Producteurs intégrant le Système de Riziculture Intensif (CEP/SRI).
- Confronter la théorie à la pratique via des visites de terrain chez des producteurs mettant en œuvre l’ISFM ou Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols dans trois districts clés de la région de Tamale.
Deux journées de transfert de connaissances : la science à la rencontre des communautés

Sur un programme dense de trois jours, deux journées entières ont été dédiées à la vulgarisation des résultats de recherche sur l’ISFM auprès des communautés locales de Chegu, Nakpanzoo et Sabegu. À l’aide de supports visuels, de posters et d’infographies, les différents partenaires du consortium ont partagé leurs solutions.
Ainsi, UNU-EHS a démontrer la pertinence de son approche de co-conception d’un jeu de cartes interactif permettant aux producteurs d’appréhender de manière ludique et claire la logique de l’ISFM. Le ZALF a présenté des simulations de rendement et de l’évaluation économique démontrant l’impact direct des pratiques ISFM sur les revenus des ménages. L’Université du Ghana a partagé des infographies pour illustrer l’effet de l’adoption des pratiques d’intensification durable (combinaison d’engrais organiques et minéraux) sur la culture du maïs.
L’Université de Bonn (UBonn) a lancé une session participative simulant la résilience des cultures face aux chocs climatiques selon le type d’amendement. Une réflexion de groupe a également été menée sur les préférences temporelles et le rôle de la « patience » dans l’investissement agricole à long terme. Le WASCAL a restitué des données de recherche montrant l’impact positif de l’ISFM sur la préservation et la restauration de la biodiversité locale. Le ZALF & UHOH ont restitué une grande enquête sur les exploitations, abordant l’ISFM sous l’angle de la perception des risques, du genre, des dynamiques sociales et de l’efficacité des services de conseil agricole.
Pour ACRE Africa, il s’est agit d’animer des échanges et discussions autour des mécanismes d’assurance agricole face aux risques climatiques. Le DLR a fait une présentation des outils de suivi de l’intensification durable. Le RUB a animé une session de formation pratique sur l’application mobile « Field Area Measure PRO », conçue pour aider les producteurs à cartographier et mesurer précisément les limites de leurs champs.
Clôture et capitalisation : la contribution stratégique de l’IPAR Think Tank
La dernière journée a scellé la fin du projet par une session de dissémination de haut niveau. L’IPAR Think Tank y a présenté une contribution majeure, tirée des dynamiques d’innovation partagées entre le Sénégal et le Ghana .
La contribution de notre institution a porté sur la restitution complète des travaux du Laboratoire d’innovation multi-acteurs sur la gestion durable des terres dans la Vallée du fleuve Sénégal. Le Think Tank IPAR a exposé l’approche globale, les résultats concrets de l’expérimentation du Système de Riziculture Intensif (SRI) via les Champs-Écoles Producteurs (CEP), tout en analysant sans détour les limites techniques rencontrées et les perspectives de pérennisation.
Au-delà des livrables scientifiques, cette rencontre à Tamale (Ghana) a permis de jeter des bases solides pour la durabilité des systèmes d’exploitation familiaux en Afrique de l’Ouest.
Pour consulter l’album photos de cette mission au GHANA, rendez-vous sur le compte FLICKR du FARA.