L’exercice de capitalisation décrit dans ce rapport a été conduit par IPAR Think Tank dans le département de Podor (vallée du fleuve Sénégal) dans le cadre du projet « Co-développement d’Innovations pour la gestion durable des terres dans les Systèmes d’exploitation familiales d’Afrique de l’Ouest (COINS).
Il porte sur les Champs Écoles Producteurs (CEP) de Décollé et Thilambol intégrant un Système de Riziculture Intensif (SRI). Cette recherche-action avait pour objectif d’évaluer le processus de mise en œuvre des CEP-SRI, d’analyser la pertinence du paquet technique et des technologies agroécologiques utilisées, les résultats enregistrés et de tirer les enseignements des facteurs de réussite et des défis rencontrés.
Bien qu’il y ait eu des difficultés initiales liées au ciblage des membres du CEP de Décollé, les résultats de cette capitalisation révèlent que, les techniques mises en œuvre dans le CEP de Thilambol par l’équipe du projet COINS, en partenariat avec les agents de l’ANCAR ont donné des résultats satisfaisants et significatifs pour les productrices et producteurs de riz qui exploitent des parcelles de 0,20 à 0,25 ha.
Dans un contexte marqué par le changement climatique, la dégradation des terres et la baisse des rendements, l’adoption de pratiques agroécologiques durables s’est imposée comme une solution pertinente pour une meilleure gestion des ressources naturelles et un renforcement des capacités de résilience des exploitations familiales.
L’exercice de capitalisation a mis en évidence l’acquisition des connaissances des acteurs sur le SRI et l’adoption en cours dans leurs propres parcelles. Mieux encore, des producteurs non bénéficiaires des CEP, séduits par les innovations introduites dans le CEP, ont exprimé leur volonté de reproduire cette expérience dans leurs parcelles. Cela témoigne de l’adoption progressive de ces pratiques, tant par les membres des CEP que par d’autres producteurs. Au-delà des changements positifs d’attitudes et de comportements des producteurs, d’autres résultats concrets sont visibles sur le terrain, à travers notamment :
- Une amélioration des rendements et de l’autonomie alimentaire grâce à l’auto consommation ;
- Une réduction des coûts de production ;
- Une diminution de la pénibilité du travail des femmes ;
- Une durabilité environnementale accrue.
Pour répondre aux contraintes identifiées, l’équipe de l’IPAR en collaboration avec les services techniques concernés (ANCAR, SAED, INP, etc.), travaille à valider ces innovations qui se sont révélées adaptées aux contraintes des producteurs, qu’elles soient environnementales, techniques, socioculturelles ou économiques. L’adoption de pratiques agroécologiques et de systèmes agricoles durables apparaît ainsi comme une réponse efficace aux effets néfastes du changement climatique.