Note préparée par : Dr Laure TALL, Ndeye Yandé NDIAYE, Dr Adama FAYE et Oumar
WATT Avec des contributions d’acteurs techniques et partenaires du terrain.
La mobilité du bétail constitue l’un des piliers des systèmes pastoraux sahéliens et un mécanisme essentiel d’adaptation des éleveurs face à la variabilité climatique. Depuis longtemps, les itinéraires de transhumance structurent les équilibres agro-pastoraux et les échanges économiques entre les pays de la région.
Cependant, ces dynamiques sont aujourd’hui fragilisées par la multiplication de décisions nationales restreignant les mobilités pastorales transfrontalières.
En 2025, les autorités maliennes ont interdit l’accès de certaines régions aux transhumants étrangers. Plus récemment, la Guinée a annoncé la prolongation de l’interdiction de la transhumance transfrontalière sur l’ensemble de son territoire, une mesure déjà en vigueur depuis janvier 2025. Les autorités guinéennes indiquent que cette décision vise à finaliser les dispositifs et infrastructures nécessaires à une gestion plus encadrée et sécurisée des mouvements de bétail.
Ces décisions traduisent une évolution plus large dans la région : la gestion sécuritaire et souveraine des frontières tend à prendre le pas sur les mécanismes de gouvernance régionale de la mobilité pastorale. Dans un espace sahélien où les systèmes d’élevage reposent historiquement sur la circulation saisonnière du bétail, ces mesures peuvent produire des effets en cascade sur les territoires voisins.
Pour le Sénégal, ces évolutions soulèvent plusieurs enjeux : pression accrue sur certaines zones pastorales, risques de tensions entre agriculture et élevage, fragilisation des mécanismes locaux de médiation et nécessité de renforcer la coordination régionale.
Afin d’éclairer ces questions, l’IPAR publie une note d’information stratégique et prospective intitulée :
« Fermeture de la frontière du Mali aux transhumants sénégalais et mauritaniens : enjeux et risques pour le Sénégal »
La note propose :
- une analyse territoriale des zones sénégalaises les plus exposées ;
- une lecture des vulnérabilités pastorales et des risques émergents ;
- plusieurs scénarios d’évolution de la situation ;
- des pistes d’action pour renforcer la gouvernance du pastoralisme.
Dans un contexte marqué par les pressions climatiques, foncières et sécuritaires, cette analyse invite à renforcer les mécanismes régionaux de coopération autour de la mobilité pastorale, afin d’éviter que des décisions nationales isolées ne produisent des crises territoriales plus larges.