Au Sénégal, la production agricole fait face à une dégradation croissante des terres. La vallée du fleuve Sénégal, importante zone rizicole, est particulièrement affectée par cette dégradation. Elle s’explique par la déforestation, le surpâturage, l’abandon des pratiques agricoles durables et l’usage excessif des engrais chimiques et des pesticides. Les communautés locales mettent en place des pratiques agricoles pour réhabiliter la fertilité des sols et augmenter les rendements. Toutefois, ces initiatives rencontrent des difficultés dans la mise à l’échelle.
L’IPAR a conduit le projet Projet CO-développement d’INnovations pour la gestion durable des terres dans les Systèmes d’exploitations familiales d’Afrique de l’Ouest (COINS) qui s’est appuyée sur l’outil Champ Ecole Producteur (CEP) pour expérimenter la technologie du Système de Riziculture Intensif (SRI). L’approche a consisté à former les producteurs au niveau des champs sur le SRI. Les résultats de cette étude ont montré que le SRI permet de réduire les coûts de production. En effet, il limite l’utilisation des engrais chimiques au profit de la matière organique, favorise une gestion durable de l’eau et contribue à l’augmentation des rendements, et donc des revenus des producteurs qui l’adoptent. Cette pratique pourrait ainsi être une alternative pour faire face à la dégradation des terres et à la baisse des rendements, à l’adaptation au changement climatique et à la l’insécurité alimentaire.
Ce document (Un policy brief) présente les résultats de cette étude. Les auteurs recommandent un soutien institutionnel accru, passant par la formation des producteurs, l’accès facilité au financement et la modernisation des infrastructures rurales. En somme, ils soulignent l’importance de généraliser ces pratiques durables pour améliorer durablement les revenus des agriculteurs sénégalais.