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Rapport annuel 2020

Rapport annuel 2020

Mot du Directeur Executif
Dans le contexte de cette crise sans précédent, obligeant une révision des orientations et un rééquilibrage des choix stratégiques nationaux afin de mieux circonscrire et impulser les conditions d’une relance robuste et d’une reconstruction durable, l’IPAR en tant qu’institution de recherche et de prospective a, très tôt, réajusté son portefeuille et mené des actions dans l’optique de disposer d’informations crédibles en temps réel pour accompagner les dépositaires d’enjeu dans leurs stratégies d’ajustement.

Les interventions engagées en 2020 par IPAR ont été structurées, de manière participative et articulées, autour de quatre éléments clés : (I) l’appui au gouvernement à travers les ministères de l’élevage et des productions animales et celui de l’agriculture et de l’équipement rural ; (II)le développement d’un partenariat avec le CNCR et l’organisation de dix débats d’experts paysans à travers la plateforme Whatsapp du CNCR ; (III)la recherche des effets de COVID-19 sur les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables ; et (IV)une Participation à des débats audiovisuels afin d’amplifier les résultats des études ainsi que les points de vue des acteurs issus des différents espaces d’échange.

Dans une dynamique d’étayer les politiques publiques à partir des évidences et des réflexions, l’IPAR et le
réseau sénégalais des think tanks (SEN-RTT) ont initié en collaboration avec le RASA et le Réseau des Think tanks de l’UEMOA, un débat objectif sur le financement des plans de riposte nationaux et l’usage de l’outil monétaire dans l’espace UEMOA. L’une des fortes recommandations de cette rencontre en ligne est de profiter de la crise sanitaire pour lancer une réforme structurelle des économies africaines et repenser la politique monétaire de nos États.

Pour outiller d’avantage les institutions et documentation la réflexion, un an après l’avènement de la pandémie en Afrique, le RASA et l’IPAR ont publié un livre sous les éditions de l’Harmatan qui fait la somme des contributions des chercheurs sénégalais sur l’impact de la COVID sur des secteurs stratégiques au Sénégal intitulé, « Sénégal Post-COVID-19 : Souveraineté et Ruptures »

Dans la recherche de synergies entre la recherche et les politiques publiques, en collaboration avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, le Réseau des Think tanks de l’Union économique et monétaire ouest africaine (RTT UEMOA), nous nous sommes interrogés sur « COVID-19 et plans de stabilisation et de relance économique en Afrique francophone».

En appui à la transformation structurelle de l’agriculture par la production de connaissances, l’IPAR a conduit en collaboration avec le CNCR, une étude sur les ménages agricoles et ruraux du Sénégal, qui touche 22 des 45 départements, 7 régions administratives sur les 14 avec une couverture de l’ensemble des zones agro-écologiques au Sénégal. Les échantillons ont porté sur 660 exploitations familiales et sur 120 OP, pour comprendre les effets de la pandémie sur les moyens d’existence des exploitations familiales notamment sur les activités économiques, les revenus et l’alimentation.

Dans le secteur de l’élevage IPAR a analysé les effets de la pandémie et appuyer la formulation et la mise en œuvre de la politique publique d’élevage et de santé publique vétérinaire. Quatre (4) notes d’information et d’analyse ont été produites sur les chaînes de valeur lait, aviculture, mouton de Tabaski et intrants vétérinaires et zootechniques, pour alimenter la réflexion et éclairer les décisions.

D’autres connaissances ont été produites, notamment sur le secteur pêche, particulièrement la pêche artisanale face aux défis de la Covid-19 au Sénégal ». Mais aussi sur la chaine de valeur mangue pour analyser et documenter les effets et les stratégies d’adaptation développées par les acteurs.

L’assainissement n’a pas été en reste avec, l’étude SaniPath qui a travaillé à identifier et évaluer des canaux de contamination fécale à Dakar, mais aussi, une étude sur le genre et l’assainissement, visant à réduire les
inégalités hommes et femmes dans le secteur de l’assainissement, une autre sur la présence des déchets
solides dans les boues de vidange à Dakar ; et dans la commune de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, sur l’accès
limité à l’assainissement adéquat, entre autres. Ces connaissances ont conduit à la publication du livre sur
L’assainissement au Sénégal : progrès, stratégies et perspectives

Dans le cadre des ODD, afin de permettre aux divers utilisateurs d’accéder plus facilement et rapidement à l’ensemble des informations statistiques agricoles, l’IPAR et l’ANSD ont mis en place AgriData, une plateforme analytique présentant des statistiques et des données agricoles exhaustives, fiables et actualisées, comme base d’une politique de développement économique agricole fondée sur des données probantes. L’IPAR poursuit également la coordination des activités de la Plateforme nationale des acteurs pour le suivi des ODD relevant du secteur de l’Environnement (PODDE), en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), l’Unité de coordination et de suivi des politiques économiques (UCSPE) du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération (MEPC).

Sur Changement climatique, l’IPAR étudie les futurs possibles de l’agriculture sénégalaise sur les sentiers
représentatifs d’évolution de l’agriculture, à travers le Projet AgMIP, une initiative de recherche multidisciplinaire (climat, agronomie, socio-économie) sur des questions de recherche qui s’intéressent aussi bien aux impacts des systèmes de production que sur les systèmes futurs.

A l’échelle locale, la mise en place et appui de plateformes, catalyseur de développement se poursuit avec une expérience de territorialisation de la politique publique d’emploi à travers la plateforme territoriale de soutien à l’emploie et employabilité des jeunes du département de Podor.

Sur l’appui à l’accès au foncier pour les femmes et les jeunes, le projet de recherche-action « promotion d’une gouvernance foncière inclusive par l’amélioration des droits fonciers des femmes au Sénégal », mis en œuvre dans le Delta du Fleuve Sénégal, les Niayes et le Sud du bassin arachidier, en partenariat avec le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR), avec l’appui du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) du Canada, a enregistré des résultats encourageants dans les trois (3) zones d’intervention.

Et en fin, en novembre 2020 l’IPAR a lancé le projet dénommé COPSA « riposte a la covid-19 par la protection sociale et le renforcement des systèmes alimentaires locaux : le cas des Niayes au Sénégal », dans le but de générer des connaissances et des outils d’aide à la décision afin d’améliorer les mécanismes de protection sociale, notamment la distribution d’aide alimentaire d’urgence et le renforcement de systèmes alimentaires locaux dans les Niayes.

Dans le cadre d’un renforcement de systèmes de politique agricole et alimentaire au Sénégal avec Feed
the Future Sénégal Policy Systems Services, administré par l’Agence américaine pour le développement
international (USAID), le consortium DAI/IPAR travaille sur une approche fondée sur un engagement fort en faveur de la facilitation, en travaillant avec des partenaires locaux pour concevoir et mettre en œuvre des interventions basées sur leurs besoins et leurs priorités et pour soutenir les réformes nécessaires dans les systèmes agricoles et alimentaires.

Je voudrais rendre un vibrant hommage à nos partenaires gouvernementaux (Sénégal, Mauritanie, Niger), de la société civile, notamment les organisations de producteurs, aux parlementaires de la région et aux bailleurs de fonds comme le CRDI, l’UE, l’USAID et la Fondation Bill & Melinda Gates. Une mention spéciale est à décerner à la Fondation Hewlett pour la confiance qu’elle nous a renouvelée dans le cadre de l’appui institutionnel en soutenant notre chantier prioritaire des « politiques fondées sur des données probantes » « evidence informed policy making » !