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Séminaire National de Plaidoyer sur l’Elimination de Violence à l’égard des Femmes

Du 28 au 29 octobre 2026, s’est tenu au siège de la FONGS le Séminaire National de Plaidoyer sur l’Elimination de Violence à l’égard des Femmes réunissant le collège des femmes du CNCR avec la participation des partenaires techniques comme le Ministère de la Famille, de l’Action Sociale et des Solidarités, IPAR Think Tank et l’Association des Juristes Sénégalaises.


L’objectif de cet atelier était d’identifier et de reconnaître les violences qui touchent les femmes paysannes et rurales et des stratégies d’éradication des violences à l’égard des femmes. Marqué par les allocutions d’ouverture, des présentations et discussions en plénière, l’atelier a permis de libérer la parole sur les différents types de violence dont sont victimes les femmes rurales, sur les normes de genre qui tolèrent et banalisent les faits de violence et renforcent la culture de l’impunité et de l’apologie de certaines formes de violence comme le viol.


Les échanges ont mis en lumière les incohérences entre les pratiques sociales, la législation et les politiques sur l’éradication des violences faites aux femmes. Des témoignages recueillis sur des cas de violences sexuelles et de violences économiques des femmes paysannes matérialisées par la non reconnaissance du droit des femmes à l’accès et au contrôle foncier ont servi de cas pratique pour mobiliser les dispositifs opérationnels mis en place par l’Etat du Sénégal pour prévenir les violences et prendre en charge les femmes qui en sont victimes.

La ligne wallu 116, les centres de prise en charge dans les régions de Fatick, de Kaffrine et de Kaolack, les cellules genre sont entre autres les solutions proposées contre les violences à l’égard des femmes.

Malgré les efforts et les progrès législatifs réalisés en matière de lutte contre les violences, force est de constater les limites institutionnelles relatives au faible maillage national des centres d’assistance juridique, les pesanteurs socio-culturels qui banalisent et renforce la culture de l’impunité et de l’apologie des violences, les contraintes budgétaires qui limitent les interventions des cellules genre.


L’intervention de Mme Ndeye Fatou Cissé, experte Genre à IPAR Think Tank a porté sur la nécessité d’évaluer les cadres politiques comme la circulaire de 2018 du Ministère de l’Agriculture pour opérer des ajustements pertinents et sensibiliser les femmes paysannes sur les enjeux de ces initiatives afin d’activer le contrôle citoyen sur le respect de ces dispositions au niveau rural.

Sur la nécessité d’harmoniser les cadres politiques en faveur de l’autonomisation des femmes, elle a suggéré de vérifier la mise en cohérence des cadres juridiques existants (la loi sur le domaine national) avec les nouvelles reformes comme la loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique, le projet de la loi d’orientation de l’autonomisation économique des femmes pour mieux agir sur les obstacles structurels qui freinent le développement socio-économique des femmes paysannes et rurales.

Concernant les violences sexuelles, elle a estimé nécessaire de changer le narratif qui transforme les victimes en des coupables afin de mieux de centrer la prise en charge sur les victime et de mettre en avant la responsabilité des auteurs de ces violences.