Posséder des toilettes ne suffit plus à garantir la sécurité sanitaire si l’État ne régule pas l’ensemble de la filière, du ménage jusqu’au traitement final des boues de vidange. C’est le constat sans appel de deux articles scientifiques de l’IPAR Think Tank, publiés en avril 2026 dans l’International Journal of Biological and Chemical Sciences (Volume 20).

Produites dans le cadre du projet régional WASPA (West African Sanitation Policy & Activators), financé par la Fondation Bill & Melinda Gates, ces recherches fournissent les données probantes indispensables pour refonder les cadres réglementaires de l’assainissement autonome au Bénin et au Sénégal.
Des résultats de terrain aux décisions politiques :
- Au Bénin : L’article « Impacts des facteurs socio-culturels, économiques et environnementaux sur la gestion des boues de vidange » (Auteurs : A. Gueye, M. Lo, N. C. L. Tall, S. A. Afouda, M. A. I. Assogba, J. Igue, M. Chabi, M. Saliou, C. O. Ba) décrypte les freins structurels de la filière. Sa pertinence réside dans sa capacité à guider l’État vers des investissements mieux ciblés, connectant enfin les comportements des ménages aux centres de traitement.
- Au Sénégal : L’étude « Impact des facteurs socio-économiques des ménages sur l’accès à des services d’assainissement autonome sécurisé : cas de 7 communes de Dakar » (Auteurs : A. Gueye, M. Lo, N. C. L. Tall, S. Tounkara, N. Cisse, S. O. Sene, C. O. Ba) met en lumière les inégalités d’accès au niveau local. Ces résultats offrent une cartographie précise aux municipalités pour ajuster les barrières tarifaires et réglementaires.
Quelle incidence induite pour la région ?
Au-delà des chiffres, ces publications constituent un levier opérationnel pour l’initiative WASPA, déployée dans 5 pays (Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal). En s’alignant sur les Lignes directrices africaines pour les politiques d’assainissement (LDAPA), ces données probantes sortent de la sphère académique pour devenir un puissant outil de plaidoyer. L’incidence attendue est claire : amener les décideurs politiques à passer d’une logique d’équipement (fournir des toilettes) à une logique de filière sécurisée et régulée, protégeant durablement la santé des populations ouest-africaines.
A propos de l’auteur principal : Dr Amadou Guèye est Chercheur senior à l'Initiative Prospective Agricole et Rurale, où il exerce également les fonctions de Coordonnateur de programme et de Coordonnateur thématique. Titulaire d’un Doctorat en Sciences de l’Environnement, il est spécialiste des questions relatives à aux ressources en eau et à l’assainissement, Il cumule plus de dix années d’expérience dans la recherche appliquée, le conseil stratégique et la coordination de projets de développement en Afrique subsaharienne, avec une expertise reconnue sur les enjeux de gouvernance de l’eau et des politiques publiques. Auteur de nombreuses publications scientifiques, il collabore avec des institutions nationales, régionales et internationales sur des initiatives visant à promouvoir des solutions innovantes pour améliorer l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et renforcer la résilience des territoires, en cohérence avec l’Agenda 2030 des Nations Unies et les Objectifs de développement durable.
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