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Résilience de l’impact économique du covid-19 : le périmètre de Ndiéfoune, une réponse aux difficultés liées au couvre-feu

Localité située dans la commune de touba toul (département de thiès), Ndiéfoune parba était jadis un lit de pauvreté et d’insécurité alimentaire. C’est ainsi que les bras valides étaient obligés de migrer vers les centres urbains en période de saison de sèche. mais la tendance est atténuée par l’exploitation du périmètre maraîcher de 4 hectares aménagé par le Groupe d’initiative pour le progrès social (GIps/WAr), appuyé par le ministère allemand de la Coopération à travers une initiative dénommée « Hilfe für Afrika »

12 mai 2020

En cette période de couvre-feu lié aux mesures prises par l’Etat du Sénégal, dans de la stratégie mise en place pour combattre la propagation du coronavirus, le périmètre maraîcher se positionne comme une réponse locale aux difficultés consécutives aux restrictions liées au couvre-feu. Et pour Julie Cissé, le périmètre de Ndiéfoune Farba est en train de jouer pleinement son rôle en cette période de pandémie, d’état d’urgence et de couvre-feu.

C’est parce qu’il produit régulièrement pour répondre surtout aux besoins locaux et c’est pourquoi d’ailleurs, en cette période de couvre-feu, les femmes n’ont pas besoin d’aller vers les autres localités pour s’ap- provisionner en légumes. C’est ainsi que ledit périmètre a apporté une réponse aux problèmes liés aux restrictions imposées par les mesures prises contre la propagation du coronavirus. Selon Julie Cissé Coordonnatrice de GIPS/WAR, le projet ambitionne d’abord de promouvoir le leadership féminin dans le développement durable. C’est tout le sens du programme « Bày Dundée », dont l’objectif est de créer les condi- tions permettant aux femmes de s’adonner à la création de richesses, pour promouvoir leur autonomisation économique, surtout en zone rurale. Elle sou- ligne que les femmes éprouvent d’énormes difficultés à surmonter le premier obstacle qui est l’accès à la terre, et ce combat est engagé dans une dynamique continentale dénommée l’initiative Kilimand- jaro pour l’accès des femmes à la terre. C’est dans ce cadre que le programme « Bày Dundée » a ini- tié 30 périmètres maraîchers. Et dans les 10, le partenaire Hilfer Für a accepté de mettre en place des kits, qui allègent considérablement les corvées d’eau et permettent ainsi des activités maraîchères dans d’excellentes conditions.

Comme le nom l’indique, le programme « Bày Dundée » vise la sécurité alimentaire, l’équilibre nutritionnel des fa- milles à travers des pratiques durables. Pour elle, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les femmes constituent l’épine dorsale de la création de revenus au Sénégal et à l’occasion de la pandémie du COVID-19, elles ont très tôt tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences économiques de la maladie. Elle renseigne que dans ce pays, ce sont les femmes qui font nourrir les 7/10 des ménages, grâce à leurs activités génératrices de revenus. Et force est de constater qu’avec les restrictions liées au couvre-feu, il y a l’impossibilité de transporter les produits frais d’un endroit à un autre, pour les besoins de l’écoulement sur le marché. Dans le même temps, les acheteurs bord champ ne viennent plus et il y a aussi l’inexistence d’infrastructures de conservation dignes de ce nom. Selon elle, les femmes procédaient à la transformation de certains produits pour aller faire la vente dans les différents marchés hebdomadaires, qui sont aujourd’hui fermés, alors que ce sont ces revenus qui entretenaient les 7/10 des ménages, d’où l’installation progressive d’un risque d’insécurité alimentaire aiguë.

Cependant, dit- elle, les femmes n’ont pas croisé les bras et leurs efforts de résilience font que les produits locaux trouvent une bonne opportunité de promotion devant la situation actuelle. D’où à ses yeux, la nécessité que les autorités publiques aillent dans le sens de renforcer économiquement les femmes transformatrices, à travers l’achat systématique de leur production. Au-delà de la production maraîchère, l’objectif de ce périmètre de Ndiéfoune Farba est de produire 15 000 plantes en pépinière. Il dispose d’un puits avec château d’eau et d’une pompe solaire qui alimente un système d’arrosage goutte à goutte. D’un coût de 50 à 60 millions Fcfa, cette exploitation entre dans le cadre du programme « Bày Dundée » de GIPS/WAR. Avec ce projet, note sa coordonnatrice Julie Cissé, les jeunes et les femmes peuvent désormais travailler à la création de richesses et rester dans leurs familles.
Mbaye SAMB

Source : L’As