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6ème débat sur les effets du covid-19 sur l’aviculture au Sénégal

Depuis plus d’une décennie, la filière Avicole Sénégalaise a fait de réels progrès, et suscite beaucoup d’espoir en terme de création d’emploi, de réduction de la pauvreté. Elle constitue pour les populations une source de protéine animal à leur portée et à moindre coût.

Samedi 13 juin

L’aviculture Sénégalaise est marquée par des investissements conséquents depuis 2005, suite à l’arrêté ministériel n° 7717, en date du 24 novembre 2005, portant interdiction d’importer des produits de l’aviculture et de matériels avicoles usages. On note aujourd’hui, un chiffre d’affaire de plus 150 Milliards de francs CFA avec le travail acharné des acteurs qui ont su relever le défis de l’approvisionnement correct du marché en produits avicoles (viande blanche et œufs). Depuis cette date, la production nationale qui était de 7 millions de poulets a plus que décupler pour culminer à 60 millions aujourd’hui.

Toutefois, malgré un développement fulgurant, le secteur n’est pas à l’abri des difficultés. Des problèmes majeurs sont notés et sont principalement liés à des infrastructures de transformations, car les produits avicoles sont facilement périssables. Aussi, il est noté dans le secteur de réelles difficultés d’approvisionnement en matières premières pour la production. Que ce soient les poussins ou l’aliment de la volaille dont les 80% sont constitués de maïs, tout est importé, ce qui est l’origine de leur cherté et de leur inaccessibilité pour les acteurs.

A cela s’ajoutent aujourd’hui d’autres contraintes liées à la COVID-19 qui constituent des défis à relever pour le secteur. En effet, avec l’apparition de la pandémie du Covid -19 au Sénégal, l’Etat dans le but de contenir son expansion, avait décrété l’état d’urgence avec entre autres mesures l’interdiction des rassemblements, des restrictions sur la circulation interurbaine des personnes et des biens pendant toutes les heures et le couvre-feu instauré.

Ces mesures avaient fait que :

  • Les bana-bana ne peuvent plus faire la navette entre les régions pour acheter les poulets et œufs ;
  • Les propriétaires de ferme avicole sont bloqués à Dakar. Leurs exploitations se trouvent le plus souvent dans la zone des Niayes à la sortie de Dakar ;
  • Le ralentissement de l’écoulement des poulets et œufs ;
  • Accès aux poussins et aliments très difficiles pour les producteurs dans les régions reculées.

Les conséquences sont que les poulets étaient finalement stockés dans des chambres froides qui ont été remplis à Ras bord, les petits producteurs ont dû brader leurs productions et subir de grosses pertes.
Cette situation a fini d’installer les acteurs et la filière avicole dans une très forte tension avec une baisse conséquente des revenus et du chiffre d’affaire de l’ordre de 50% pour cette année.

C’est conscient de ces enjeux que l’IPAS (Inter profession de l’aviculture Sénégalaise) et les Collèges notamment la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA, membre du CNCR) qui la composent font en sorte de mobiliser tous les Acteurs de la filière pour prendre les mesures idoines afin de pallier les conséquences qui découleront de la pandémie.

A ce titre, avec leurs partenaires notamment le Ministère de l’Elevage, la recherche et les partenaires techniques et financiers, les acteurs réfléchissent à la formulation d’un plan de relance de la filière avicole. Ce plan est constitué de plusieurs activités à mettre en œuvre notamment la prise de mesures d’atténuation des premiers effets de la pandémie COVID-19 ; la définition de façon inclusive des actions prioritaires à mettre en œuvre afin de maintenir la dynamique de croissance de la filière avicole ; trouver un consensus entre les pouvoirs publics et les professionnels sur les priorités de relance de la filière avicole Post COVID.

Parallèlement à ces démarches, le bureau exécutif de l’IPAS a proposé au Ministère de l’élevage et des productions animales : (i) la mise en place d’un fonds d’achat des poulets de chair ; (ii) la mise en place d’un fonds de soutien aux acteurs impactés par la pandémie ; (iii) la mise en place d’un fonds de structuration, de formation et d’accompagnement technique des producteurs.
C’est en vue de discuter de tous ces défis mais également des opportunités que pourrait apporter que le CNCR et IPAR organisent un débat avec l’ensemble des acteurs sur le thème : Filière avicole Sénégalaise face à la pandémie de la COVID 19 enjeux et perspectives. Ce sera l’occasion de porter le plaidoyer pour un meilleur accompagnement du secteur et de formuler des recommandations en direction des décideurs politiques.

Ce débat aura lieu ce samedi 13 juin à partir de 10h dans le groupe whatsapp INFO CNCR et entre dans le cadre de l’initiative « Débat d’experts paysans sur les effets de la COVID-19 - Mbass mi ak mbay mi » portée par le CNCR et IPAR.
Trois personnalités du secteur seront les principaux invités de ce débat :

  • M. Ahmedou Mactar MBODJ, président de l’IPAS
  • Mme Amy SOW, productrice avicole dans la région de Saint-Louis.
  • M. Serge SADIO, président de la FAFA

Au-delà des invités, trois personnes ressources interviendront dans ce débat, il s’agit de :

  • Docteur Makhtar DIOUF, Point Focal de la filière avicole au Ministère de l’Elevage
  • Docteur Mamadou BA, Secrétaire Général de l’IPAS
  • Docteur Ibrahima SALL, Membre du Collège des accouveurs.

A la fin un expert de IPAR, le Professeur Cheikh Ly assurera durant le débat le rôle d’interpellateur extérieur, a côte du modérateur principal M. Sidy Ba, porte-parole du CNCR et de M. Serigne Segnane, charge de communication du CNCR.