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Un nouveau programme d’apprentissage pour augmenter l’investissement responsable dans l’agriculture

Environ trente responsables politiques de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal se sont réunis cette semaine pour participer au programme de formation « Créer un environnement favorable à l’investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires », lancé par la FAO et l’IPAR, à Dakar du 25 au 29 mars 2019.

Organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FOA) et l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), le programme vise à renforcer les capacités des responsables politiques pour favoriser une augmentation des investissements agricoles en termes de quantité et de meilleure qualité, selon les Principes pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires (CSA-RAI).

Investir dans l’agriculture et le développement rural est essentiel pour la réalisation des deux premiers Objectifs de développement durable – l’éradication de la pauvreté et de la faim. Cependant, moins de 10 pour cent des dépenses gouvernementales sont allouées à l’agriculture, ce qui est insuffisant pour la réalisation de ces objectifs, surtout dans les zones rurales. Par ailleurs, la part de l’agriculture dans les investissements directs étrangers et les crédits a été en dessous de 5 pour cent les trois dernières décennies. Il est urgent d’inverser cette tendance afin de réaliser l’Agenda 2030, compte tenu surtout du fait que le nombre de personnes souffrant de la faim chronique à l’échelle mondiale ne cesse d’augmenter depuis trois ans.

Afin de soutenir les gouvernements dans leurs efforts allant dans ce sens, la FAO a élaboré le Programme cadre « Soutenir les investissements responsables dans l’agriculture et les systèmes alimentaires ». Ce programme reconnait l’importance de la création d’un environnement favorable aux investissements responsables, ce qui comprend les cadres juridique et institutionnel, ainsi que les incitations. Les consultations menées par la FAO ont révélé que les responsables politiques, bien qu’ayant un rôle catalytique dans la facilitation de ce processus, ne disposent parfois pas des connaissances et capacités nécessaires.

« Le nouveau programme d’apprentissage de la FAO vise à renforcer les capacités des responsables politiques pour augmenter les investissements agricoles responsables dans leurs pays en appliquant des instruments internationaux pertinents dans leurs cadres politique et réglementaire, et notamment les Principes pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires et les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers (DVGF) », a souligné le Représentant de la FAO au Sénégal, M. Gouantoueu Robert GUEI.
Les CSA-RAI et les DVGF fournissent des standards pour la promotion d’investissements contribuant au développement durable et aux besoins des communautés concernées, tout en respectant les droits fonciers légitimes. Les deux instruments ont par ailleurs été approuvés par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Au-delà de la familiarisation des principes de base d’un environnement favorable aux investissements agricoles responsables, le programme d’apprentissage permettra aux participants de mener une analyse spécifique à leur pays, et d’explorer des solutions pour combler des lacunes des cadres institutionnels et juridiques.

« Ce programme d’apprentissage suit une approche innovante qui se base sur la stimulation du dialogue et du partage des connaissances et des expériences des pays faisant face à des défis similaires pour identifier des solutions concrètes pour augmenter l’investissement responsable dans l’agriculture dans nos pays », a fait valoir le Directeur Exécutif de l’IPAR, M. Cheikh Oumar BA.

Sur l’importance de la promotion de la qualité dans les investissements liés au secteur agricole, Dr Ibrahima HATHIE, Directeur de recherche de l’IPAR souligne "La qualité de l’investissement dans le secteur agricole est fondamentale, mais le plus important dans ces investissement, c’est la qualité. Il faut que ces investissements respectent les normes".

C’est la première fois que ce programme d’apprentissage unique est déployé, avec le financement d’un fonds fiduciaire multi-bailleurs soutenu par la France et la Suisse. Le programme fait par ailleurs suite à des activités précédentes menées par la FAO et l’IPAR sur les DVGF dans les pays participants.

Les participants de ce programme sont directement impliqués dans le développement ou la mise en œuvre des cadres juridiques, institutionnels ou incitatifs affectant les investissements agricoles. Suite à un appel à candidatures, la FAO et l’IPAR ont notamment sélectionné des fonctionnaires et responsables politiques de haut niveau des Ministères et agences gouvernementales clés, tels que les Ministères de l’économie, de l’agriculture, de la finance, du développement rurale ainsi que les agences de promotion d’investissements.
Le programme d’apprentissage suit une approche mixte qui comprend trois phases consécutives. La phase initiale consiste d’un atelier en ligne avec des leçons interactives, des questionnaires et des activités participatives sur une plateforme numérique collaborative. Cet atelier en ligne, qui a eu lieu du 18 février au 8 mars 2019, a permis aux participants de mener une première analyse de leurs contextes nationaux particuliers.
La deuxième phase consiste d’un atelier en présentiel qui démarre aujourd’hui et se terminera le 29 mars. Pendant ces cinq jours, les participants vont approfondir l’analyse des contextes de leurs pays. Ils identifieront des lacunes dans leurs cadres juridique, institutionnel et incitatif afin d’identifier des solutions potentielles. Un aspect crucial de cette phase et le partage des connaissances et des expériences à l’échelle régionale. Cela devrait permettre aux participants d’analyser et apprendre sur des stratégies réussies et d’encourager la création de réseaux entre institutions, ce qui constitue une première étape importante pour augmenter la coopération régionale.
La troisième phase consistera d’un mentorat d’un mois. Pendant cette phase, les participants auront l’opportunité d’interagir et discuter avec les experts en la matière et les facilitateurs, et de partager des informations sur les progrès réalisés.

Ce processus est mené par des facilitateurs et experts techniques de la FAO et de l’IPAR, et d’autres experts seront invités pour des sujets particuliers.
Dans le deuxième semestre de l’année, la FAO et l’IPAR lanceront la deuxième phase du programme d’apprentissage pour travailler plus en profondeur sur des priorités spécifiques identifiées pendant cet atelier en présentiel.

Plus tard dans l’année, la FAO proposera ce nouveau programme de formation aux responsables politiques de l’Ouganda. En 2020, le programme sera déployé au Liberia, en République démocratique populaire lao et en Sierra Leone avec le soutien de l’Allemagne.

Dans la presse :

Agence de Presse Sénégalaise

Agence de Presse Africaine

Le Quotidien

lejecos.com

infosdakar.com

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