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De la vulgarisation à l’appui-conseil au Sénégal Le rôle des organisations paysannes : Les mécanismes financiers relatifs aux services de conseil agricole pilotés par la demande

Ce rapport s’inscrit dans le cadre d’une étude réalisée par l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR) avec le soutien de la FAO. Les termes de référence de l’étude s’articulent autour des nouveaux mécanismes financiers liés au passage de la vulgarisation à l’appui conseil au Sénégal.

La réforme en direction des systèmes pluralistes de conseil agricole régis par la demande au cours des dernières décennies et le passage vers des systèmes d’innovations agricoles sont allés de pair avec des modifications dans les systèmes de financement. Ce livre fait partie d’une série de quatre études de cas et d’une synthèse de ces cas entreprises par l’Unité de la recherche et de la vulgarisation de la FAO. Cette collection documente des types innovants de mécanismes de financement des systèmes et services de conseil agricoles basés sur la demande au Danemark, Chili, Colombie et Sénégal. Une synthèse des quatre expériences met en évidence les changements qui se sont produits en raison des modèles différents de financement et décrit dans quelle mesure cela s’est traduit par l’autonomisation des agriculteurs et des services plus pertinents, plus efficaces et plus durables.

Le cas du Sénégal offre l’exemple du passage progressif et sur le long terme de la vulgarisation descendante à des services de conseils agricoles régis par la demande et mis en place conjointement par l’État, les bailleurs de fonds et les organisations de producteurs, et négociés par ces dernières. Cette étude montre comment le financement partiel par les agriculteurs des services de conseils agricoles améliore la pertinence et la qualité de ces services ; ceux-ci doivent rendre des comptes aux producteurs qui les prennent sous contrat. Cette situation entraîne de fait l’autonomisation des agriculteurs. L’étude retrace l’historique des politiques et stratégies de développement, décrit le fonctionnement des structures mises en place et analyse leur efficacité avant de tirer des conclusions et des leçons sur les améliorations à apporter.

Le passage de la vulgarisation au conseil agricole est également le résultat d’un combat identitaire. « On ne voulait plus qu’on nous encadre mais plutôt qu’on nous accompagne ». « Qu’est ce qui est le plus essentiel entre le producteur et le produit ? Pour nous, c’est le producteur, qui a un métier, et qui est dans son exploitation familiale ». « Il doit être accompagné pour l’ensemble des ressources de base qu’il utilise, la terre, l’eau, la forêt. On ne peut pas parler de la vulgarisation de la productivité sans l’aider à utiliser les ressources naturelles. C’est tout l’environnement de la personne qu’on doit prendre en compte quand on veut parvenir à un développement durable ». Après l’évaluation du PNVA, « il était devenu un peu ridicule de continuer à parler d’encadrement ».