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Gouvernance des ressources naturelles et foncières

Au Sénégal, la période 2013-2014 constitue un tournant décisif dans l’approfondissement de la décentralisation. La réforme engagée met en avant la question de la gestion des ressources naturelles au niveau des collectivités locales.

La valorisation des espaces locaux procède de cette vision des tenants du pouvoir actuel à travers l’Acte 3 de la décentralisation. Celle-ci prône une exploitation rationnelle et durable des potentialités locales par et pour les populations. Mais la réalité de terrain reste encore marquée par des cas récurrents de dégradation de l’environnement et de pillage des ressources naturelles. Malgré les efforts importants consentis pour assurer une meilleure implication des acteurs communautaires dans la gestion des ressources naturelles grâce à une gouvernance plus inclusive, il existe toujours un déphasage entre les actions développées par l’Etat et qui sont encadrées par tout un arsenal juridique et les initiatives endogènes développées par les communautés pour préserver et valoriser les ressources naturelles. Il s’y ajoute que les acteurs intervenant dans le domaine manquent d’outils et de moyens pour échanger et influencer les gouvernements sur l’importance de la gestion durable de l’environnement pour le développement économique et social. L’IPAR pourrait contribuer à développer ces outils et aider, par la production scientifique, à promouvoir de nouveaux cadres de gouvernance des ressources naturelles.

Les découvertes récentes de pétrole et de gaz au Sénégal sont prometteuses en termes de développement économique et social du pays. Mais, elles présentent également des risques de conflits latents ou manifestes de mise à l’écart de certains secteurs leviers du développement, notamment l’agriculture en raison des opportunités que ces ressources offrent en termes de possibilités de mobilisation de
ressources financières.

A travers des études de capitalisation combinées à des recherches sur le terrain portant sur les arrangements que les populations locales mettent en place pour gérer durablement les ressources, l’IPAR pourrait aider à : (i) promouvoir une meilleure prise en compte des règles de gouvernance et d’exploitation des ressources, ; (ii) contribuer à mieux documenter les mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, assorties d’études de cas et d’expériences réussies de lutte contre les changements climatiques ; (iii) valoriser par la recherche les pratiques paysannes en la matière en vue d’arriver à une implication plus responsable des populations dans la gouvernance des ressources ; (iv) accompagner l’Etat et les acteurs locaux dans la mise en œuvre des réformes foncières (outils, capitalisation de connaissance…).